Gala de danse du Club Évasion - Benoît Thiault

Les 7 et 8 juin 2019, tandis qu'un gala de danse était annoncé depuis des semaines au village de Flassans, se tramait, discrètement, l'aboutissement d'une année de travail. Au terme de plusieurs mois d'une renaissance en retenue et discrétion, l'Évasion allait rencontrer le juge de paix dans un moment de vérité aux yeux de tous : le Gala. 

Ce gala aurait pu être délocalisé dans des salles plus grandes, dont la physionomie se prête parfaitement pour des chorégraphies demandant de l'espace et une mise en scène particulières. Mais il n'en fut rien, et ce retour à la scène de la salle B. Gavoty était, par beaucoup au village, attendu. Certains parleront même de juste retour à la normale. Le scénario du gala s'y prêtait bien : une petite fille partait à la découverte du grenier de sa grand-mère, dictant par ses découvertes les inspirations et chorégraphies des différents ballets proposés. 

Il faut rappeler que 12 années séparaient la dernière représentation à Gavoty de celle qui s'est déroulée les 7 et 8 juin derniers. 12 ans pendant lesquels la salle a elle aussi évolué, voyant sa structure et son agencement complètement changés. A l'approche de la date et à la faveur de discussions, ont remonté pour beaucoup les souvenirs de soirées mémorables, déployant N-D de Paris dans la salle Gavoty par exemple... L'attente plus que la pression pouvait légitimement se faire ressentir, il ne s'est pas passé un jour sans que le téléphone ne retentisse chez Martine Mourgues. 

Celle qui fonda le club en 1982 fut de tous les instants. "Sa vie, son bébé", écrivait-elle récemment sur les réseaux sociaux. Toutes les énergies disponibles ont ainsi été mobilisées pour permettre la tenue de ce qui restera un des événements majeurs de ces dernières années à Flassans. Pour preuve, l'affluence les deux soirs consécutifs du Gala : plus de 200 personnes ont ainsi pu renouer avec une belle histoire de danse... 

Que le gala ait été organisé à Flassans constitue certes, un retour réussi. Nous n'étions pas seulement à Flassans, mais au bon endroit, pour paraphraser Martine. Mais que dire de l'organisation de la salle Gavoty, où chaque chaise a été parée d'un drap blanc, lui conférant un statut de siège ? Elle était splendide cette organisation, une jolie mise en scène présente à chaque table, scène et murs décorés. Il y a avait là, l'envie très nette de recevoir, d'être aussi attentif à ce qui allait se dérouler sur scène, qu'au confort du public. 

En coulisse, nombreuses étaient les mamans, bénévoles, à enchaîner les changements de costumes, le maquillage, les coiffures, pour permettre à leurs enfants de donner le meilleur de ce qui a été appris. Le photographe a cette chance de pouvoir passer en coulisse, pour immortaliser ces instants, comprendre la configuration du prochain ballet ou encore, nettoyer un sol recouvert de jus d'orange ;-) 

La chance qui me fut donnée par Martine Mourgues a été un catalyseur pour livrer une prestation ô combien intense. Dès le début du gala, le ton était donné. La prise de vue sera technique, le triangle d'exposition variant pratiquement à chaque seconde, au rythme du set-up de lumières géré par l'excellent Jannick Pastor et son acolyte à la poursuite Stéphane Poré. Comme toujours, aucun artifice supplémentaire n'a été utilisé : le choix de ne pas photographier au flash, s'il handicapa bon nombre de prises de vue, aura permis de ne pas troubler danseurs et danseuses. 

D'un point de vue photographique, la danse est un art qui réclame d'user de réactivité et de modifier sans cesse les réglages : pas moins de 15 distances focales, 8 valeurs d'iso, 7 valeurs d'ouverture différentes, allant de 1.8 à 8 et 12 vitesses d'obturation. Le résultat photographique, s'il n'est pas parfait techniquement (loin de là), donne une vision particulière à ces instants où la grâce côtoie le Beau et où, la restitution d'un apprentissage transparaît comme une partition que l'on récite. Il est le fruit d'un projet senti, mûri par nombre d'acteurs, et sur lequel un oeil a eu l'opportunité de se poser. 


Merci Martine Mourgues, en premier lieu, mais également aux nombreux bénévoles et mamans. Il y avait un peu plus que de la photographie ces soirs là... 

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